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 psychosocial. (lyla)

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Teddy Ober-Perry
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MessageSujet: psychosocial. (lyla)   Sam 3 Déc 2016 - 3:01


"aren’t you afraid of my darkness, my dear?" hades asked
with mischief in his eyes.
"no," persephone replied,
"you haven’t even seen mine yet."


Les battements de cœur sont lourds, assourdissants, tambourinent dans ses tempes jusqu'à faire danser la veine qui lui court le long de l'œil. Cinq shots, quatre verres, trois heures, deux égarés, un défi. Il a toujours été bon en maths, Teddy, il a toujours aimé l'honnêteté des nombres, mais ses pensées sont épaisses. Il a le goût métallique de l'alcool contre les dents et celui de la victoire sur le bout de la langue. "Iowa, Wisconsin Virginie et…" Quarante-neuf. Merde. Quarante-neuf entailles au stylo sur la serviette de papier entre eux. Elle a un sourcil haut, hissé comme un drapeau de guerre sur ce visage tellement symétrique. Il a envie de les dessiner, ses traits. De laisser courir ses doigts sur ses arrêtes comme un aveugle dressant un portrait. Peut-être qu'il le lui dira, plus tard. Il est certainement suffisamment saoul pour le faire. Un rire tente de naitre sur les lèvres carmin, mais est bien vite réprimé par la blonde, ravalé, et il descend jusqu'à ses doigts. Et c'est en voyant sa main trembler autour du stylo qu'il comprend. "Putain, je suis con. Alabama ! J'allais oublier l'Alabama !" Parce qu'elle ne semble pas se décider à le faire, Teddy entoure la main de la blonde de ses longs doigts noueux à lui et, doucement, amène l'encre au papier, l'oblige à tracer le dernier trait. Cinquante. Et, parce qu'il est un putain d'overachiever, il se sent obligé d'ajouter : "Sans compter le district de Columbia, bien sûr." Il baisse les yeux jusqu'à sa montre, fièrement exposée à son poignet par une manche de chemise retroussée pour l'occasion – mais il n'a pas besoin des aiguilles pour savoir qu'il est dans les temps. Déformation professionnelle de l'homme aux horloges, qui a fini par s'en greffer une entre les sourcils.  Qui vit sa vie à la seconde près. Comme de juste, la trotteuse se traine paresseusement jusqu'à son point de départ. "Echec et mat. Les cinquante états en moins de deux minutes." Pas besoin du miroir derrière le bar pour savoir que pend sur ses lèvres un sourire victorieux. Le pire. Sinistre et fascinant comme un crash aérien. Découvrant les canines, il se tourne vers le barman et lui dicte, d'un mouvement alambiqué de l'index, de ramener des munitions de leur côté du comptoir. Obéissant, amusé, l'employé obtempère, et un verre de tequila plein se matérialise parmi ses cousins vides, étalés entre eux. Le cimetière des inhibitions. Félin, Teddy fait glisser le cylindre transparent jusqu'à elle. "Cheers." Et il attend, les yeux rivés sur ses lèvres, s'assurant que la moindre goutte disparaisse à l'intérieur. Il ignore comment ils en sont arrivés là. Au courage liquide, aux cinquante encoches, à la délicieuse impression de n'être tenu à rien, pas même à la réalité, pas même à la logique des gens sobres. Il y a la plaisante incertitude de jamais se revoir, et l'impression tenace d'en avoir envie, le lendemain, au réveil, pâteux mais lucide. Peut-être parce qu'elle est blonde, facile à aborder, bouillonnante, ostentatoirement séductrice. Peut-être parce qu'elle est à l'opposé de Farrah, et de toutes celles qui ont attiré le regard de Teddy postérieurement, simples copies de la vestale originelle. Car la discussion est fluide, stimulante, se déroule comme un courant de conscience – sincère, cru, imperméable, bordélique. Le mariage et le combat de deux âmes chaotiques, inconnues, à la fois officié et arbitré par un barman diverti. "C'est bon, t'en as eu assez, ou il y-a-t-il d'autres compétences dont tu doutes ?" Et puis il y a ce bar, dans lequel il n'a jamais mis les pieds auparavant. Moderne, racé, tout ce que la ville n'était pas avant que Teddy ne la quitte. Et dans cette ambiance de neuf, de clinquant, d'inconnu, il y a la poussière familière dans le regard de Lyla. Le miroir de l'âme, un rien opaque, un tantinet flou, à l'instar des shots dans lesquels ils sont allés noyer les présentations.

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Lyla Monroe
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MessageSujet: Re: psychosocial. (lyla)   Dim 4 Déc 2016 - 1:10

Lyla ne boit pas. C'est un présent général pourtant oublié au profit de l'ivresse ce soir, de l'ébriété pour noyer la haine et la tristesse, les chagrins et surtout le brûlant corrosif de son âme qui crame et consume au lieu d'aimer ou d'oublier. C'est la première fois qu'elle s'oublie pour de bon, derrière l'écran de fumée des vapeurs de l'alcool. Parce que Lyla, elle a les souvenirs douloureux. Ceux de Mary souvent sur le fil, entre les voix qui susurrent et l'alcool qui crie et elle se souvient. Elle se souvient des paroles alcoolisées, des mots durs, des mots-maux et de ceux qui s'imprimaient sur sa peau en teintes de bleu. Des bleus, oui, mais aussi des verts et des violets, l'arc-en-ciel de l'hématome sur ses jambes chétives ou sur ses bras filaires, assez pour piler net devant l'école et décider de faire la buissonnière, celle de la rue et puis de la vie, finalement. Malgré l'incompréhension et la colère, Lyla a toujours protégé Mary. Elle a protégé ses voix médisantes, méchantes, sournoises de la maîtresse et puis de la société aussi, elle a menti aux médecins et aux copains, se mordant parfois seule pour expliquer ses blessures en les incriminant à la brutalité des élèves. Lyla, elle pensait que Mary l'aimerait davantage si elle l'entourait de coton et de papier bulle, si elle mentait et se vendait pour elle, si elle oubliait les voix religieuses et vengeresses qui s'abattaient toujours sur elle au profit des rares instants de plénitude où une femme malade, perdue, prenait son enfant dans les bras pour se rappeler de son existence, du contact de la chair de sa chair contre soi. Mais ses instants bonheur ne duraient jamais, balayés par le reste, la violence, la cruauté, l'indifférence même, le plus terrible des maux. Et ce soir Lyla, le coeur lourd, l'âme de plomb, a trouvé le chemin d'un bar pour oublier un autre mal, un trou dans le palpitant, un manque que même toute la haine du monde ne comblerait pas, celui d'un amour. Celui de n'importe quel amour, en réalité, mais son corps malade et névrotique a décidé qu'il ne se nourrirait que de Tiago. Tiago qui vibre sous sa peau, Tiago qui l'enivre, Tiago qui la hante et ne lui laisse pas de répit, dans la colère comme dans le désir. Il est là, partout, juste sous ses paupières quand elle les clôt, derrière ses poings quand il l'agace, entre ses hanches quand elle le veut si fort. Il est un fantôme et ça la rend dingue ce soir Lyla, alors elle se fait la malle et ses jambes la portent au bar. C'est pathétique, c'est si peu elle. Jusqu'à présent, les hommes la poussaient dans les bras d'autres hommes et elle oubliait entre d'autres soupirs l'objet de son affection. Mais ça n'a jamais fait trois ans, ça n'a jamais été aussi sérieux et son corps abîmé est mal armé et quand il tangue, quand il vacille, quand il menace de commettre l'irréparable, s'avancer à genoux ou frapper jusqu'à la mort (elle ne mesure pas encore bien ses limites), Lyla décide de l'enfumer, de le noyer sous l'alcool, de boire jusqu'à taire en elle ce qui la consume, ce qui fait mal. Elle veut s'anesthésier, Lyla, mais elle n'avait pas prévu la météorite, la comète, l'impact douloureux mais nécessaire. Celui qui assainit et puis ranime.

Il est là, devant elle, et Lyla se surprend à sourire connement devant sa stature, devant son charisme, devant sa connerie aussi. Elle se surprend, mélange de femme fatale et de marshmallow, séduisante et létale dans la potion corrosive et bandante qu'elle a si souvent fait sienne. L'alcool aidant, elle retrouve ses automatismes, ses allures de princesse un peu facile, elle minaude et parfois, quand on pense que c'est acquis, se cabre comme un cheval fou, glacé et impérial. Mais globalement, elle oublie le temps. Et Tiago. Elle oublie la raison de sa présence derrière les opales lascives et féroces de Teddy qui répondent aux siennes. Elle oublie la colère qui la démange et l'envie qui la ronge, elle oublie le monstre tapi en elle et ses fondations fragiles que tous écrasent sans savoir. Elle oublie tout au rythme des verres qui dansent entre ses doigts fins, au son de sa voix d'homme, subversive et sexy, qui la berce. Elle oublie et c'est bon. Lyla oublie presque les deux minutes qui composent leur défi, un sourcil arqué et l'air de la petite bêcheuse qu'elle a toujours été. Le prédateur qui flaire la faiblesse et s'en nourrit jusqu'à la moelle. Elle attend, avec sa petite moue de connasse qui n'y croit pas et son regard supérieur. Elle attend qu'il se plante, suspendue à ses lèvres qu'elle fixe avec un appétit féroce. Suspendue à son souffle, à ses mots, aux Etats qui dansent entre ses dents de prédateur. Il en manque et Lyla le sait, le sourire facile au bord des lèvres, celui qui écrase le sien et ceux des autres, l'esquisse supérieure mais séduisante d'un danger immédiat, d'un accident de bagnole juste avant l'impact. Ravalée quand le fils prodige se découvre et retrouve ses moyens, malgré les opales brûlantes qui le dévisagent. « Ok. » concède Lyla du bout de ses lèvres vermeilles, comme un empereur clément envers un gladiateur, pouce levé pour le public, mais baissé à l'intérieur, pas impressionné par tout ce grabuge. Ça, c'est elle et la lueur de défi inachevé luit dans le regard félin qu'elle offre à Teddy, malgré une reddition assumée. « J'aurais fait bien mieux. » assure-t-elle de sa voix grave et licencieuse, même quand Lyla n'essaye pas. C'est ancré, c'est comme ça, comme une partition automatique jouée par coeur, par le seul talent de l'esprit. Elle relève le menton comme une reine mais offre un sourire chaud un rien fissuré, un peu bancal. Elle ne plaisante pas Lyla, elle aurait fait mieux, plus vite, elle n'y peut rien si la compétition gronde dans ses veines, si son quotient intellectuel est nettement supérieur à ses facultés émotionnelles, causant un gros bordel en constant chantier à l'intérieur. Et malgré le verre entre ses doigts, malgré le liquide qui dévale sa gorge comme celle de Teddy, signe de sa propre perdition, elle ne peut pas s'empêcher de le rappeler. Je serais meilleure que toi et que tous les autres, si seulement je le voulais. Mais ce n'est pas son vrai but et c'est le détail qui fout tout en l'air. Alors elle répond à son cheers par le tintement du verre et rejette la tête en arrière, offrant sa gorge longue et fine, consciente de son pouvoir d'attraction. La tequila brûle sa trachée, enflamme ses veines et elle croit bien que ses joues rosissent, Lyla, sous le coup de l'alcool et de l'excès et elle n'ose pas se mirer dans le regard ténébreux de Teddy pour vérifier. Parce qu'elle craint n'y découvrir que les abysses, les mêmes qui règnent en maître chez elle, dans le royaume des ombres que personne ne soupçonne. Parce que Teddy, il a l'aura dangereuse et attirante des hommes blessés, la mélodie de la plaie ouverte qui l'appelle comme une litanie et à laquelle elle répond, inconsciente du danger auquel elle s'expose, des vertiges de l'âme et de ses orteils au bord du précipice. Teddy évoque des doutes avec son regard profondément ancré dans le sien, presque encré et elle sent un frisson la parcourir. Elle le connaît, ce foutu frisson. C'est celui du vice et de la luxure, par qui tout commence. Ca commence comme ça et ça finit toujours mal, dans les larmes et le cri, la violence et la douleur. Lyla croise ses jambes longilignes dans un geste maîtrisé que sharon stone n'aurait pas renié et elle le sait. Elle sait que sa robe est trop courte, que ses jambes sont trop galbées et que son air de tentatrice plane sur ses traits aquilins. « Quelques uns restent à dissiper mais rien ne presse. » souffle-t-elle avec l'aisance de ces filles de rien, celles avec qui tout est facile, la promesse d'un tour entre leurs reins accueillants et rien d'autre. Lyla dégage aisément ce portrait, mais il n'est qu'illusion. Elle ne sait pas se donner sans attendre en retour, sans voler des éclats d'eux et les conserver sur elle, en elle, jusqu'à ce qu'ils réalisent que sans ce morceau d'âme, ils ne sont plus fonctionnels. Elle a besoin de marquer les corps et les coeurs, Lyla, d'être importante, même pour le fugace instant de l'orgasme. Et elle ne peut pas, parce que son corps est toujours tatoué de son nom honni, de son odeur entêtante et repoussante. Tiago. Et pourtant, elle le dévore du regard, elle le déshabille déjà dans une provocation de petite allumeuse, de lolita juste faite pour les yeux, pas pour les corps. Alors elle rompt le contact visuel qui lui donne chaud, s'écarte du regard de braise de Teddy, des lèvres de Teddy, de l'arrête du nez de Teddy, de ses mains, de ses hanches, de ses genoux. De lui. Elle se raccroche à son aura souillée qui lui rappelle la sienne, au goût du danger sous la langue et décide de pousser le vice encore plus loin. Toujours plus loin. Lyla n'entend que le chant des sirènes, jamais les appels de la raison. L'alcool fait battre ses veines et la présence de Teddy à ses côtés, au goût d'apocalypse, finit de la dévier de son orbite. « C'est à mon tour de t'offrir quelque chose en échange. » De sa victoire. Et Lyla, on pourrait croire qu'elle va l'inviter aux toilettes, qu'elle va le prendre et le faire or entre ses doigts, entre ses reins. Elle a le sourire grivois, les canines qui mordent ses pulpeuses et le regard de braise. Et elle se rapproche, doucement, lentement, dans des gestes sensuels et mesurés façon ralenti de film romantique. Mais non. Si elle se rapproche, ce n'est pas pour un baiser, pas même pour un toucher qui la démangerait, dans un autre contexte, qui supplierait regarde-moi, aime-moi. Non, Lyla, elle joue sa partition connue par coeur, elle joue son rôle écrit d'avance depuis toujours, elle porte sa sexualité en étendard mais n'en fait étrangement rien. Ce qu'elle veut offrir à Teddy, c'est plus personnel, c'est plus intime, plus précieux. C'est quelque chose qu'elle ne donne pas, jamais, mais l'alcool fait oublier toute réserve et les siennes ne sont jamais physiques. Ses palissades ne protègent pas ses courbes tentatrices, enchanteresses, si aisées à caresser du bout des doigts, elles dissimulent ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent, ce qu'elle est. Lyla est fébrile maintenant, elle est proche de Teddy, très proche. Trop proche, assez pour alimenter les rumeurs, assez pour se saisir de ses lèvres si elle le voulait. Et peut-être qu'elle le veut, tant ses yeux pâles, délavés, s'y attardent, languides. Mais finalement, elle relève délicatement sa robe, Lyla, dans un strip-tease de l'âme, elle dévoile le haut de ses cuisses meurtries et offre l'intérieur de son avant-bras, aussi, d'un même geste. Elle offre plusieurs de ses cicatrices à ses opales fières. Plus larges que longues, témoins d'une adolescence troublée. C'est une confession qu'elle offre, Lyla. Une confession contre une autre. Une nouvelle étape. Un saut dans l'inconnu, avec un inconnu. « Quand j'étais plus jeune, j'étais convaincue d'être anormale. J'avais peur d'être folle comme ma mère et je croyais que ça se verrait à l'intérieur. Je pensais mon sang noir et épais, brûlant et vicié. J'avais besoin de vérifier, souvent. » Maintenant, elle sait. Elle sait qu'elle n'est pas normale, elle sait que ça vient de sa mère et de son père aussi, de la négligence et de l'abandon. Elle sait que son sang est acide, qu'il brûle et ronge, mais qu'il est malin : ça ne se voit pas. Doucement, ses doigts fins miment les gestes esquissés par Teddy avant elle et elle guide la pulpe de ses mains, à lui, sur les minuscules boursouflures, chaudes comme les braises malgré les années. Elle le conduit sur la chair tendre de sa cuisse, le laisse goûter à la peau laiteuse et abîmée avant de guider à nouveau sur le comptoir, où le serveur est déjà là, alerte. Lyla lui adresse un vague signe de tête défiant, un oui vas-y, explose-nous le crâne et le regarde s'élancer dans un ballet aérien avec les bouteilles. Elle, elle ne regarde que Teddy. « Pourquoi un type comme toi reviendrait-il dans une ville aussi morte que celle-là ? Je veux la vraie raison. Pas l'officielle. » Un coude sur le comptoir dans une pose aussi enfantine que lascive (tout un art), Lyla implore ou réclame, elle ne sait pas, elle ne sait plus. Ce qu'elle sait, c'est qu'elle le dévisage de ses prunelles féroces comme si elle espérait y lire son âme et elle croit qu'elle y parvient, à moitié. Car en lui résonne un écho assourdissant qui chante souvent en elle...

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c'est pas la bonne, mais putain qu'elle est bonne.


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MessageSujet: Re: psychosocial. (lyla)   Dim 4 Déc 2016 - 19:16


Et elle est belle, Lyla. C'est incontestable. Putain qu'elle est belle. Jambes interminables, décolleté souligné, regard flamboyant sous deux lourdes rangées de cils, lèvres ouvertes comme une invitation. Les traits d'Aphrodite et l'aura qui l'accompagne. Elle rend l'air autour d'elle poudré, fumé, capiteux. Ça n'a échappé à personne, et la certitude est facile. Car il voit les regards masculins qui gravitent sur elle, il n'a pas d'autre choix que de les voir puisqu'ils sont partout. Gravitant sur la blonde et, par extension, sur Teddy. Sur le connard qui s'est attiré l'attention sacrée, qui monopolise le papillon de nuit et l'encage de sa présence. Un peu par hasard, un peu à contrecœur, au début. Il était seulement venu jouer les clichés, Teddy. Il était venu s'adosser au comptoir, le type qui boit seul, la voix rendue rauque par la fatigue. C'est le littéraire en lui qui réclame un peu d'introspection à intervalles réguliers, qui souhaite jouer à la mascotte des solitaires, à l'Hemingway maudit, entre whisky, tabac et fausse profondeur. Mais elle était là, lui aussi, et la nature humaine avait fait son office. Il est plaisant, dans le fond, de se rendre compte qu'il lui en reste un peu. Ouais, elle est belle, Lyla, il ne prétend pas ne pas le remarquer. Il ne pousse pas le stéréotype jusque là. Mais elle a eu le malheur de naître baignée dans cette beauté classique, cette majesté évidente, qui n'a rien de satisfaisant. Qui le frustre. Car son attrait, il est formel, il est notoire, il est agressif. Plutôt Marilyn qu'Audrey, lustrée d'un éclat ostentatoire, tout sauf intime. Une beauté consensuelle, qu'il doit partager avec tous les hommes du bar – le cauchemar des possessifs, dont il pensait ne pas faire partie. Beauté qu'elle distribue depuis la puberté, il suppose. Et s'il a le culot de trouver cet éclat épuisant après quelques heures, Teddy ne comprend tout simplement pas comment elle parvient encore à tenir debout. Elle est plus que ce qu'elle offre, ce qu'elle expose, c'est évident. Mais elle a beau croire – ou savoir -  ses synapses raffinées, elle ne parvient pas totalement à couvrir ses arrières, Lyla. Derrière les rouages sophistiqués, affichés un peu partout, mains, yeux, gestes, veines, il la voit, Teddy. La simplicité, planquée sous le fard. Le besoin de peu, de rien, qui se cache derrière l'envie de tout. Il sait que, sous la mise en scène et ses manières alambiquées de citadine, elle est plus fourmi que cigale. Il lui laisse l'ascendant, pourtant, car elle en a plus besoin que lui. Il lui en fait offrande. Balaie ses jambes du regard, assez légèrement pour ne pas être qualifié d'insistant, assez lourdement pour faire monter le sang aux tempes de Lyla. Se fait plus idiot qu'il ne l'est réellement, moins analytique. Car il est tard, car elle paraît fébrile, derrière sa prétendue intrépidité, et car, après un deux trois trop de verres, il pourrait se tromper. Et il se trompe, un peu. Car sous le pan de robe soulevé, la déesse expose sa petitesse, met sa fragilité en vitrine. Un "Fuck" graveleux s'extirpe de la gorge de Teddy – quatre lettres, quatre petites lettres de rien du tout, les seules à convier l'empathie qui s'arrache de ses poumons. Il avait essayé de s'en débarrasser, merde. Mais c'est en lui, ça le restera à jamais, ce putain de besoin chrétien de souffrir pour son prochain, cette égoïste habitude de s'attribuer la douleur des autres, s'en gaver jusqu'à en exploser, la faire sienne, ne serait-ce que pour justifier sa douleur à lui, pourtant insignifiante. Ses doigts sont froids, lorsqu'il les pose sur la cuisse opale, organisme du sauveur qui tente jusqu'à l'épiderme de calmer les flammes en elle, les braises qu'il voit rougeoyer sous la peau. Elle s'approche, la chasseresse, et bon sang, s'il lui restait quoi que ce soit à donner, Teddy, il le déverserait en elle. Il n'hésiterait pas une seule seconde. Il se presserait d'oublier Audrey contre Marilyn. Mais il est vide, Teddy. Il a la peau glacée de l'homme fait de courants d'air. Puis il y a ce serveur aux aguets qui gravite autour d'eux, les yeux plissés dès qu'il les braque sur eux – un comble, dans un endroit comme celui-ci. Ce type lui dit quelque chose. Peut-être qu'ils ont été au lycée ensemble. Ou peut-être simplement qu'il ressemble à tous les autres connards qui pullulent à Hazel Springs. Et Teddy, il ne veut pas faire de promesses, il ne peut pas jurer qu'il va garder ses mains glaçons pour lui. Alors, il en ferme une autour du poignet de Lyla. Il déplie ses longues jambes et, avec une seconde de retard, Aphrodite en fait de même, car déjà il l'entraîne loin du bar. La fait voleter jusqu'à une table plus intime, logée dans une alcôve loin du serveur, loin de la porte, des gens sobres, de la réalité.

A l'écart de leur public, dans la pénombre, elle se métamorphose déjà. Ses yeux changent de couleur, de forme, d'intentions. Exactement comme il l'avait soupçonné. Elle est toujours sublime, mais sa gloire revêt une qualité plus subtile, indescriptible. L'inspiration que Teddy s'octroie devient sifflement entre ses dents serrées. "Il y avait cette fille," il s'interrompt, grimace. Pathétique. "Un ange parmi la crasse. Tu connais l'histoire. Je me serais allongé dans les flaques pour ne pas qu'elle se mouille les pieds, et elle a préféré traverser la flotte." Il hausse les épaules, comme si c'était anecdotique, comme si raconter cette histoire ne lui donnait pas l'impression qu'on foutait le feu à ses poumons. "Je me suis barré à cause d'elle. Ou pour elle, peut-être. J'sais pas. Putain, j'étais mal. Elle me manquait tellement. J'ai passé la première semaine bourré, dans une espèce de coma humain. J'ai découvert que j'étais un de ces crétins qui se mettent dans des états pareils pour une fille. Et, je - je croyais que ça s'estomperait après quelques mois. Sauf que ça fait quatre ans," le rire est amer "que je suis engourdi, énervé. Et con." Coudes sur la table – si seulement sa mère le voyait – il se prend la nuque entre les mains. L'enserre, jusqu'à ce que ses phalanges ne blanchissent. Plus contemplatif que dramatique. Il tourne la tête vers Lyla et elle est plus proche qu'il ne l'avait cru, assise sur le côté adjacent de leur banquette en U. Parce qu'il en a envie, il fait basculer son genou jusqu'à ce que leurs jambes ne s'entrechoquent. "Je crois que j'étais curieux de savoir si ce type que j'étais devenu avait une chance avec elle." La confession s'arrache à ses bronches si facilement, s'échappe de ses lèvres et disparaît déjà entre eux. Explose comme une bulle contre les pommettes de sa compagne. Parce que c'est futile. Parce que ça ne mène à rien. Qu'est-ce qu'on répond à celui qui a organisé sa propre chute ? Les yeux de Teddy courent sur Lila, déambulent sur son bras et, davantage par langueur qu'ivresse, il déplie délicatement celui-ci, jusqu'à découvrir la cicatrice, délicate comme une toile d'araignée. Il y fait courir la tranche de son pouce, mais le contact est générique, faux, alors il appose ses lèvres, baiser fugace sur la chair meurtrie. "Tu sais," prononce-t-il contre la brèche. "Quand j'étais plus jeune, j'étais tellement convaincu d'être normal." Il redresse la tête, retourne son regard au bleu de celui de Lyla, en oubliant de lâcher son poignet, sur lequel ses doigts courent toujours. "Le patient zéro. Le mètre étalon sur lequel l'humanité avait été fondée. Fonctionnel, efficace, social. Putain, je crois pas que j'étais plus heureux. Sinon comment expliquer que j'ai volontairement envoyé mon crâne dans le premier mur que j'ai croisé ?" Comme brûlé à vif, il détourne le regard. Lâche l'inconnue, s'affale contre le dossier, y fait basculer sa tête. "M'enfin, ce ne sont que des conneries tout ça." Il a la gorge sèche, Teddy. Il a les pensées lourdes. Mais pas suffisamment pour qu'elles s'enfoncent, s'enfoncent, s'enfoncent. Il veut se perdre dans son propre corps, boire jusqu'à s'y claquemurer, ne jamais trouver la sortie du labyrinthe de ses propres veines. Il tourne sa tête de plomb vers elle, doucement, les yeux rivés sur le défaut de la soie de son avant-bras, l'endroit où ses coutures sont visibles. Sa Sally Skellington d'un soir de semaine. "Et qu'est-ce que ça raconte, à l'intérieur ?" Parce qu'il est curieux, un peu. Et peut-être parce qu'il a honte, Teddy. D'avoir été jaloux des héros Shakespeariens jusqu'à se créer sa propre tragédie - le désastre espéré, créé de toutes pièces, pour satisfaire sa soif de romantisme. Lui, affichant les stigmates qu'il a rêvé de se tailler dans l'existence, alors qu'elle, elle les a gravés contre la peau.

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