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 he offered her the world, she said she had her own. (farrah)

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Teddy Ober-Perry
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MessageSujet: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Sam 3 Déc 2016 - 0:39



he runs his hand through his hair.
"but that’s it, isn’t it?" he says. "when you love someone,
you let them get away with murder.
even if it’s your own."


Peut-être qu'il devrait éviter, Teddy. Qu'il devrait tourner les talons, gagner du temps, piétiner. Rentrer chez lui. Mais il est bien là, le problème. Ce n'est qu'une question de grappiller quelques jours, quelques semaines. Rien de plus que des grains dans un sablier, au final. Alors il a pris sa décision. Il a décidé d'envoyer le sablier dans le mur, de faire voler le verre en éclats. L'échéance est inévitable, il n'est pas aussi con que pour prétendre l'ignorer. N'est pas aussi hypocrite que pour prétendre ne pas l'avoir attendue. Il l'avait su en faisant rouler sa valise sur le carrelage de Seattle-Tacoma, dix jours auparavant. Peut-être que ça remonte à plus loin que ça, encore. Peut-être que les retrouvailles, le grand face à face fracassant, il a commencé à l'envisager quatre piges auparavant. Lorsqu'il est parti. La dernière fois qu'il a vu le visage de Farrah, il sut que ce ne serait pas la dernière. Parce qu'il est un peu trop con, Teddy, un peu trop amoureux, un peu trop littéraire. Il a suffisamment lu Salinger pour savoir que ce n'est pas la fin, pas tant qu'ils respirent tous les deux, tant qu'ils partagent une petite planète et une parade de souvenirs. Peut-être qu'il devrait éviter – il sait, que la soirée va mal finir, il le sait, il craint déjà l'après-coup - mais ça fait bien longtemps qu'il n'a plus choisi la solution de sécurité. Alors il pousse la porte battante, qui se rabat derrière lui dans un grincement spectaculaire qui rend la clochette de l'entrée entièrement superflue. Et c'est ce son là, précisément, bois et métal, qui le met à genoux. C'est l'odeur épaisse de l'endroit, bière plate et cacahuètes. C'est le babyfoot dans le fond, moche, vieux, bancal, qui active la mémoire, les effluves de parfum sur la gorge de Farrah, alors qu'il l'avait fait basculer sur le tapis vert pour lui mordiller le lobe de l'oreille et -.  Il serre le poing. C'est définitif, il n'est plus le Teddy d'avant. Car là où les souvenirs se seraient répandus, tièdes, confortables, jusqu'aux orteils de ce crétin, le nouveau Teddy les réceptionne dans les poumons, qui se brument. Dans la mâchoire, qui se fige. Il n'a plus rien de tendre, le nounours. Il a laissé tout le rembourrage entre les ongles de son ancien amour, une fois qu'elle eut fini de le lui arracher de la cage thoracique. Il est devenu bois et métal, lui aussi. Et c'est bien une créature entre robot et pantin qui se glisse sur la banquette en face de Farrah. Il ne joue pas aux timides, il n'y va pas par quatre chemins. Il n'a plus cette force, celle de prétendre au rang des êtres humains décents, doux. Il la regarde droit dans les yeux – et ça fait mal, putain. Putain putain putain. "Scoop pour ta gazette : Hazel Springs, hantée par un fringant fantôme d'1m90." Comme pour asséner sa décontraction narquoise, il laisse avancer sa main sur le bois brut et tâché de la table jusqu'à atteindre le verre posé devant elle, le porter à ses lèvres, s'en octroyer une gorgée, le reposer. Et il refuse de se dire qu'il y a quoi que ce soit de possessif, dans ce geste, de familier. Car il a eu une longue journée, et il est trop tard pour l'introspection. Et derrière les mots secs, il y a ce vague message, ce 'je sais' cotonneux. Je sais, que tu bosses à la gazette. Je me suis tenu au courant. Tu croyais quoi, que loin des yeux signifie mort et enterré ?

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Dernière édition par Teddy Ober-Perry le Sam 3 Déc 2016 - 19:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Sam 3 Déc 2016 - 12:56

Alors qu'elle porte le verre de bière à l'écume fraîche à ses lèvres, Farrah songe. Il y a des habitudes qui se perdent pas, des vices qui se construisent au rythme du patrimoine génétique. Et Farrah, elle se demande parfois si elle est condamnée au même futur que son père, à la même fin que sa mère. Peut-être qu'elle combinera les deux, doux mélange à la fin brusque et précipitée, voilà Farrah qui s'en ira d'un cancer de l'estomac. Elle se demande ce que les gens diraient, s'ils en riraient, s'ils hausseraient un sourcil comme pour dire que c'était pas faute de l'avoir mérité. Elle médite le poids laissé sur ses épaules par ses parents. Pas revancharde la petite, pas particulièrement énervée, simplement lucide. Faut dire qu'elle a déjà eu le temps de traîner son père jusque son lit ce soir, et qu'on avait rarement vu spectacle plus pitoyable pour s'éclaircir les esprits. Douce litanie que les insultes vociférés par l'alcoolique du village à l'encontre du monde entier. La nuit était jeune, et Farrah convoitait déjà l'aube, les paupières lourdes d'ennui.
Une aube qu'elle devrait visiblement attendre tandis qu'elle sentait une présence s'installer en face d'elle. Ses yeux s'ouvrent indolemment, et elle manque de les refermer immédiatement. Elle croit entendre un léger craquement, et elle ne sait pas si c'est sa sanité d'esprit qui vacille ou son âme qui se fend sous le poids des souvenirs d'hier.
Il y a son minois qui se plisse, ses sourcils qui se froncent sous le poids de l'agression visuelle. Les pupilles se dilatent, ont du mal à faire coïncider l'image qu'elle a sous les yeux avec l'environnement qui les entoure. Il y a dissension dans son univers, distorsion dans l'espace-temps. Il y a la Farrah d'il y a quatre ans qui se voit réanimer le temps d'un instant fugace. Ca cogne de partout dans son cerveau, les connexions se faisant au rythme des émotions fugitives qui s'échappent malgré elle. C'est un bordel sans nom là-dedans, et pourtant, Farrah ne montre rien. Océan de calme menacé par le tsunami Teddy de force 7. Dans son esprit, il y a une main qui hésite à se poser sur la sonnette d'alarme et la faire rugir par tous les enfers. Elle est coûteuse cette hésitation, elle laisse le silence se fixer dans une atmosphère chargée de souffre et d'électricité. Elle se dit que c'est peut-être mieux comme ça, Farrah. Laisser le silence emplir l'espace plutôt que de choisir l'explosion. Parce que c'est comme ça que ça va se passer. Elle le sent dans cette voix aux intonations un jour si familières, aujourd'hui totalement décharnées. Et c'est peut-être pour ça qu'elle n'appuie pas directement sur le gros bouton rouge qui l'aurait fait se lever et se barrer avec tout le détachement dont elle sait faire preuve. Elle est curieusement perverse Farrah, son intérêt morne titillé, réveillé. Il y a son visage de marbre qui cache le tumulte. Il y a le regard froid de Teddy qui pèse sur sa conscience, brise ses convictions. Les opales si chaudes hier ne sont aujourd'hui qu'onyx indéchiffrables. T'as toujours eu la main leste sur les superlatifs. Son esprit hurle au pourquoi. Pourquoi est-il là, pourquoi cet intérêt, pourquoi maintenant. Son esprit hurle, et aucune réponse sauf l'écho du vide dans son myocarde. On reste objectif à la gazette. Ca donnerait plutôt un étranger en ville : 1m88 rôdant dans la nuit, caché dans les ombres pour boire la bière d'autrui. Elle penche légèrement la tête Farrah, le regard toujours plongé dans celui de son fantôme. Un léger sourire de velours vient habiller ses lèvres. La maison te manquait, Theodore ? Dame de coeur devient dame de pic, souvent touchée, refusant toujours de couler.

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Sam 3 Déc 2016 - 19:41


La vision est moins sanglante qu'il ne l'avait imaginée. Il a longtemps cru que revoir les traits de Farrah – ces yeux, ces pommettes, ce front royal, cette bouche, putain, cette bouche – serait un poignard entre les côtes. Le second qui lui serait asséné par cette même main. Et pourtant, la vue est moins assassine qu'il ne l'avait craint. Il y a quelque chose de rassurant dans le fait de s'en rendre compte, de se savoir un rien plus fort qu'il le pensait. Car ce n'est pas avec convoitise, mais avec une minutie clinique, qu'il observe ces traits. Ces traits qu'il connaît par cœur, carte topographique d'un passé heureux, d'un futur hypothétique. Ces traits qui ont délicatement été altérés par quatre ans d'absence, de distance, de cécité - toutefois moins changés que ceux de Teddy, c'est certain. Elle s'en est assurée. Lorsqu'elle le rejeta si violemment que la force l'envoya à l'autre bout du pays. Et c'est si bon, si bon, de lire la surprise sur le visage de Farrah. Ayant aperçu sa silhouette gracile s'engouffrer dans le bar alors qu'il traversait la rue déserte, Teddy a eu le temps de se préparer à la rencontre. D'enfiler cette veste , celle de l'amant congédié – bien qu'il est contestable qu'il l'ait ôtée ne serait-ce qu'une fois sur les quatre dernières années. Le contrôle, dans leur relation, a toujours reposé dans les frêles paumes de Farrah. Il l'avait su, accepté, lu et approuvé dès la première fois qu'il avait posé les yeux sur elle. Mais ce bordel d'émotions étiré sur la bouche de la brune, c'est une douche tiède, c'est une tape sur l'épaule. C'est la preuve qu'il n'a pas tout foiré, Teddy. Qu'il a beau être le grand floué de cette histoire, il n'a pas abandonné sans se battre, que même si elle lui a arraché deux ou trois organes vitaux, il ne s'est pas barré sans laisser quelques écorchures. Il sourit. Ce n'est pas tendre, ce n'est pas joyeux, ce n'est pas honnête. C'est un HA-HA, canines scintillantes. C'est un 'suprise, bitch. I bet you thought you'd seen the last of me.' Et si le mépris est convaincant, il n'est pas naturel, pas fluide. Car la main de Teddy, si elle est posée sur la table, verrouillée en un poing, c'est pour l'empêcher d'aller caresser la joue offerte, de se perdre dans la nuque devinée. Farrah a la réplique facile, le tac au tac des gens brillants. Ça lui avait manqué – mais il efface cette pensée d'un revers de manche, il n'en aime pas les implications, il en refuse la faiblesse. Alors il rit, Teddy. Il rejette la tête en arrière et fait entendre un rire sombre, plein de gravier. Le bar est presque désert, et seul le barman lève la tête dans leur direction. "La maison te manquait, Theodore ?" Aussi sec, les mâchoires se ferment. Si affutées qu'elles menacent de percer la peau. "Mon père est à l'hosto." Secrètement, il est satisfait qu'elle l'ignore, qu'elle lui ait présenté sur un plateau l'occasion de jouer les martyrs, les enfants maudits. Quel culot, quand on sait à qui il s'adresse. "C'était soit rentrer, soit le contraindre à fermer l'atelier." Le sous-entendu, bien que discutable, est criant : je ne suis pas rentré pour toi. Il se penche vers elle, les deux coudes posés à plat sur la table, utilisant l'avantage de sa taille pour réduire la distance, pour la pousser dans ses retranchements. "Dis-moi, t'es vraiment certaine que l'info soit ta vocation ?" Le ton est goguenard, et il force le trait, juste histoire de. Afin d'être sûr de masquer que cette proximité - à quelques centimètres des yeux ambrés pour lesquels il aurait tout fait, tout donné, tout, absolument tout – manque de le faire vaciller. Pour ne pas risquer de se faire percer à jour, Teddy se redresse, se cale dans le fond de son siège, lance un bras sur le dossier de la banquette. Fait signe au barman d'amener une seconde bière. L'air de dire, j'bouge pas, je n'vais nulle part, je reste cette fois. 

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Sam 3 Déc 2016 - 22:22

Farrah, elle ne sait pas vraiment si c'est un drame ou une comédie qui se joue devant ses yeux. A vrai dire, elle ne sait même pas si elle en est protagoniste ou simple spectatrice. Ce qui est sûr par contre, c'est que l'acteur principal semble ravi de la manière dont se déroule le scénario, offrant surprise et choc à tout va, dévoilant sa routine avec la parcimonie de son esprit cartésien. Et Farrah est presque admirative. Faut dire qu'elle s'y attendait pas à ça. N'aurait pas osé en rêver - sans doute car c'est un cauchemar. Mais Farrah, elle n'est pas de nature à s'épanche, pas de nature à se laisser aller à la contemplation. Alors c'est un sourcil qu'elle hausse, toujours plus haut, toujours plus insolent. Parce qu'il joue Teddy. Il joue avec elle, avec sa patience. Il joue alors qu'elle ne l'imaginait pas joueur. Le poids des années, peut-être, la raison de sa présence, sans doute. Elle se dit bien que c'est pas naturelle qu'il soit là Teddy. Pas après tout ce temps, pas après toutes ses paroles épineuses. Elle sait ce qu'elle a fait Farrah, est bien consciente des coups portés à la fierté, des zébrures sur le myocarde amoureux. Elle excelle pas dans beaucoup de domaines Farrah, mais celui-ci, elle l'a façonné à son image. Dysfonctionnel. Et encore une fois, les paroles susurrées font l'effet de missiles propulsés à travers la stratosphère. Elle le voit dans les yeux noirs, dans les membres serrés, les muscles tendus. Et pourtant, elle ne tressaille même pas lorsqu'il mentionne son père. C'est indécent, le peu d'émotion qu'elle montre à cette nouvelle. Mais indécence ça vient définir Farrah dans le dictionnaire, juste à côté de son antinomique Teddy. Elle le fixe, le regard vide. Elle ne va pas lui dire qu'elle est désolée, ne va pas s'appesantir sur le sujet. Tout le monde a ses problèmes, pour ce que ça peut bien changer. Ils peuvent bien échanger s'il veut. Elle veut bien donner son géniteur à la mort s'il tient à garder le sien. Oui, elle croit en la charité chrétienne Farrah, elle est partageuse, tant que ça la débarrasse de l'autre alcoolique. Moi qui pensais que c'était par amour du tourisme. La mort, la vie. Ca n'avait pas trop d'importance dans la religieuse ville d'Hazel Springs. On naissait dans le fade, on était prédestiné à une certaine routine, et on finissait par en crever d'ennui. Amen, vive les portes du paradis. On pouvait pas finir en enfer quand on naissait à Hazel Springs, il y avait pas assez de distractions pour ça. Dommage. Elle hausse les épaules en ponctuant sa raillerie et tend le bras pour récupérer son verre qu'elle boit avec une décontraction démoniaque. Ses yeux le parcourent, souvenir 4D d'un passé archivé, d'un jadis partagé. Elle s'autorise le coup d'oeil indécent la vestale, s'autorise l'insistance. On se demande ce qu'il se passe dans son esprit brumeux à cette harpie de l'amour. Faut dire que c'est un enchevêtrement sans début ni fin d'envies incontrôlables. Elle fonctionne à la pulsion Farrah, ne réagit par aucune autre logique que celles de ses désirs. Alors elle pose ses yeux à la volée, les détourne, ose même le sourire impertinent. Comme si cela n'avait pas d'importance. Comme si elle n'avait pas déjà marqué cette âme égarée de son sceau brûlant. Farrah elle semait le vent, se demandait parfois quand elle récolterait la tempête. Elle se demandait si Teddy ce serait sa tempête, à elle, comme elle avait été son ouragan. Alors elle sourit Farrah, réjouissance perverse d'un tournant décisif alors qu'elle se penche à son tour vers son pédant interlocuteur. Dis-moi, t'es vraiment certain que ta place est ici si ton père est cloué sur son lit d'hôpital ? C'est une grenade qu'elle dégoupille, un conflit géopolitique d'ampleur mondial qu'elle lance, de force conflit israelo-palestinien approximativement. Et elle le fait avec ce même ton calme qui donnerait envie au plus saint des saints de poser ses mains sur son cou tel un étau. On pourrait se demander tes motivations Teddy, se demander si tu serai pas un peu hypocrite. Elle laisse échapper un petit soupire tout en lascivité en secouant la tête doucement. Ce serait regrettable d'en arriver là. Nouveau sourire, nouvel ascenseur émotionnel de cet îlot de glace. Mais ce n'est pas toi ça, tu n'es pas un menteur. N'est-ce pas Teddy ?

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Dim 4 Déc 2016 - 0:32


Non non non. Non. Merde, c'est pas dans le script ça. Il sait, très précisément, pourquoi il est froid, revanchard. Pourquoi il porte ce regard cruel sous les sourcils. Il le sait, elle le sait, pour l'amour du ciel, tout Hazel Springs le sait. Putain de bled à qui on ne peut rien cacher. Sa dévotion, son humiliation, ses cornes – tout a suffisamment été étalé sur la place publique, disséqué par les commérages de la ville avec un détachement chirurgical. Il a droit à cracher son venin, à répandre son acide. Parce qu'elle a mérité la morsure, cette garce. Mais d'où est-ce que Farrah Fucking Carter se pense-t-elle en droit de lui rendre la pareille ? Il serre les dents, Teddy. Ça lui apprendra à être si con – à penser que les gens changent un jour, même si dieu sait que lui l'a fait, et dans des proportions colossales. Elle a toujours été ça, rien d'autre que ça, de la peau autour d'un glaçon. Trop longtemps il a cru que s'il la serrait contre lui, elle finirait par fondre. Ironie tragique : au final, ça a été exactement l'inverse. Mais elle a pas le droit, putain, elle a pas le droit. Son seul tort, à Teddy, c'est d'avoir eu l'outrecuidance d'espérer un futur meilleur pour elle, d'avoir oser faire plus que le rêver, de s'y être vu à ses côtés. Et le pire, c'est qu'il s'est barré. Comme s'il ne voulait pas l'embarrasser avec la vue de ce qu'elle avait détruit. Comme s'il voulait éviter qu'elle ne coupe ses délicats pieds sur les éclats de Teddy, qu'elle avait dispersés un peu partout autour d'elle. Il s'est balayé, s'est nettoyé, s'est envoyé au bout du continent. Par pudeur, certainement. Par honte, probablement. Par amour, définitivement. Afin de faire les choses bien, il n'est pas rentré avant de s'être entièrement reconstruit. Mais des pièces de lui avaient disparues, alors il est un peu bancal, Teddy. Il a des trous entre les côtes, il a les arrêtes acérées. Mais il est entier, merde. Malgré elle. "Dommage" a-t-elle la perversion de lui répondre, et il sait qu'il a perdu d'avance. Qu'il ne fera jamais que perdre, avec elle. Parce qu'il n'a pas ce genre d'aigreur à disposition, il n'en est pas capable, d'une telle hargne, il n'a pas ça en lui. Elle le balaie du regard et, le temps d'une seconde, la respiration de Teddy se fait tardive, gutturale. Et ça le dégoûte, chez lui, chez elle. Qu'un glacier ait tant de facilité à mettre le feu. Il ne s'autorise qu'une seconde d'égarement, laisse ses yeux descendre jusqu'aux lèvres de Farrah, sur lesquelles il souhaite s'abattre comme un oiseau de proie, jusqu'à lui faire ravaler son 'dommage', jusqu'à remonter le temps. Mais elle implique son père, la garce. Elle ose trainer un petit homme mourant dans leur boue. Alors, à la place de l'embrasser, il hausse un sourcil. Sa voix est rauque quand il répond "Oh, si tu savais. Je suis bien des choses, ma douce. T'as tout fait pour." Le barman arrive à leur hauteur et dépose le verre ambré devant Teddy, qui n'adresse sa présence que d'un vague geste du menton, sans jamais ôter ses yeux de ceux de Farrah. Six pieds sous terre il l'a rangée, sa personnalité solaire, sociale, irrésistible. "J'ai failli oublier que je parlais à l'experte." Il l'a toujours en travers de la gorge, le 'dommage', le manque d'intérêt – alors que jadis, il se serait immolé par le feu si elle lui disait avoir froid. Peut-être que c'est toujours le cas. Ok, barre ça. "Il est stable, cela dit. Contrôlé par des machines, veillé par ma mère. Il ne risque pas de, par exemple, s'étouffer dans sa propre bile d'une seconde à l'autre. Ça m'aide à dormir sur mes deux oreilles." Longue gorgée de houblon en guise de ponctuation. Comme quoi. Il a ça en lui. L'aigreur. Il n'est pas au dessus de la méchanceté gratuite, il n'est au dessus de rien. Parce qu'il l'aime toujours, putain. Il a prétendu longtemps cicatriser, mais l'autosuggestion est partie en fumée à l'instant où il s'est assis en face d'elle. Elle l'a marqué au fer rouge. Il est à elle, il est à genoux, et il veut qu'elle paie.  

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Dim 4 Déc 2016 - 12:23

Peut-être qu'elle ne devrait pas provoquer comme ça Farrah. Peut-être qu'elle devrait gentiment se lever, tourner ses talons, quitter ce bar, quitter sa vie. Cette vie dans laquelle elle n'aurait sans doute jamais dû entrer, cette vie qu'elle avait tant pollué. Mais il l'avait choisi, n'est-ce pas ? Il avait choisi de rester, contre vents et marées. Alors, c'était peut-être pas entièrement sa faute. Peut-être que la faute était partagée. Mais il a pas l'air d'accord Teddy. Tant pis, tant qu'elle pouvait s'en convaincre elle-même. Farrah elle voit la colère dans les yeux de Teddy, et elle ne ressent pas grand chose. Faut dire que c'est plus facile de vivre comme ça, loin de toutes considérations. Ça permet de mieux dormir la nuit, de ne pas se voir accabler d'insomnies. C'est sans doute injuste que ça se passe comme ça. Que ce soit lui qui se voit accabler de tous les tourments tandis qu'elle continue de vivre sa petite vie. Mais qu'est-ce qu'elle y peut, Farrah, au final ? C'est circonstanciel tout ça. Si, si, elle le jure. Elle n'est pas née monstre de cruauté. Elle aussi a été un canevas blanc de toute noirceur un jour. Un jour lointain, mais un jour tout de même. Mais la vie est passée par là, a décidé d'autre chose que la lumière pour la jeune Carter. Et elle s'y plait dans les ombres Farrah, elle y évolue à sa guise. Personne ne vient fourrer son nez dans les ombres, personne ne s'attarde trop longtemps sur ce qui se cache derrière l'opacité des visages fermés. Personne jusqu'à Teddy. Lui il était arrivé avec son halo de lumière, ce faisceau aveuglant qu'il avait fixé sur elle. Il avait apporté la chaleur en Arctique, aurait pu être à lui seul la raison du réchauffement climatique. Il aurait pu faire fondre tous les glaciers. Mais comme l'iceberg qui avait coulé le Titanic, Teddy s'était heurté à Farrah. Il aurait dû s'en douter que la fin serait aussi brutale que le commencement, aurait dû le voir dans chacun de ses haussements de sourcils, l'entendre dans chacun de ses soupirs. Mais le problème avec les gens lumineux, c'est qu'ils se persuadent qu'ils rayonnent assez pour deux. Oh je vois ça. Tu ne cesses jamais de m'étonner. Les lèvres s'étirent, dévoilent les canines de nacre. Parce qu'elle sent la tension chez Teddy, ressent les envies étouffées par la fierté blessée. Mais je crains fort que c'est me conférer trop de pouvoir. Il parait que les choses n'arrivent que parce qu'on les laisse faire. Le regard est vif, l’œillade acérée alors qu'elle minaude ces paroles emplies de bassesses d'un ton sucré. Qu'il comprenne, ce garçon en colère, qu'elle n'a fait de lui que ce qu'il lui a donné le pouvoir de faire. Qu'il comprenne, enfin, pourquoi le blindage en béton armé est nécessaire en guerre de sentiments. C'est ce blindage qui l'aide à encaisser l'attaque, qui la fait ricocher, prête à être ré-expédiée illico presto à l'envoyeur. Une sainte ta mère de combler la, ô combien longue absence du fils prodige au chevet du patriarche. Une horreur l'enfant Carter quand elle se fait capricieuse, quand elle est piquée à vif. Une horreur quand elle met du sel sur les plaies vives. Elle n'est pourtant pas méchante, au fond. Simplement un peu sauvage. Sans doute le problème quand on a été élevé par un loup, abandonnée au centre de la bergerie. Et pourtant, la prédatrice claudique un peu, face à ce revirement de situation. Elle ne s'attendait pas à devoir sortir les crocs. Faut dire que Teddy il sait où appuyer, sait interpréter ses silences, ses non-dits. Farrah elle aurait jamais dû le laisser trop s'approcher, le laisser s'ancrer dans son paysage et faire parti de son environnement. Une petite fissure dans le blindage quatre ans auparavant et voilà le résultat. Farrah et Teddy c'est l'illustration même de l'effet papillon. Une petite fêlure dans le coeur à Hazel Springs, la naissance de la noirceur à Seattle.

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Dim 4 Déc 2016 - 22:10


Il n'était pas masochiste, avant elle. Avant eux, avant ça. Avant tout le merdier. Teddy Ober-Perry, autrefois, c'était l'ultime boy next door du comté. Un esprit sain dans un corps sain, celui qu'elles s'empressaient toutes de présenter à leurs parents, qui les embrassait sur le nez, le sourire aux lèvres. Bien sûr, car l'inverse aurait été surprenant, il avait fallu qu'il bascule tête la première pour celle qui avait à peine daigné lui faire passer le seuil. Celle dont il avait voulu chaque centimètre carré du visage, du corps, de l'âme. Cette putain de nature humaine qui pleure les interdits, et ce putain de gosse dont le palpitant courrait après celle qui ignorait tout des emballées cardiaques. Il n'avait jamais été amoureux de sa propre douleur, avant qu'elle ne refuse de le laisser l'aimer, elle. Il avait reporté l'affection sur la cible la plus proche. C'était, en soi, facile à comprendre, ce refus de cicatriser. Hors de question que les blessures ne se referment, pas tant qu'elle n'avait pas vu les plaies béantes qu'elle avait causées. Farrah, instigatrice de tout, coupable de rien. Trop occupée à cultiver savamment son indifférence pour apercevoir les maux qu'elle était allée semer ailleurs. Quel con il avait fait, Teddy. S'acharnant dans son adoration, en vain. Il avait été prévenu, pourtant. Des centaines d'avertissements proférés par des dizaines de bouches : gare à cette fille. Personne n'en sort indemne. Il en était venu à la conclusion que le changement drastique opéré en lui venait précisément de sa foutue perfection d'antan. Les gens qui rayonnent trop fort finissent toujours en combustion spontanée, petit tas de cendre dans la paume de ceux qui n'ont pas vu les signes avant-coureurs. C'était prédestiné. C'était à ça qu'il était voué, Teddy. Dès le départ, il n'avait eu aucune chance. Selon l'Histoire, les types dans son genre, ça finissait soit par un virage à 180°, soit par se glisser le flingue de papa entre les lèvres. Il s'en était bien sorti, tout compte fait. Alors certes, le combustible, il l'avait toujours porté dans la chair. Mais, putain, c'était Farrah qui avait craqué l'allumette. "'La ô combien longue absence ?' J'ai dû méchamment te manquer, Carter, pas vrai ?" Sourire insolent – un aperçu fugace du Teddy d'avant – qu'il va bien vite noyer dans son verre. La rechute va se dissoudre dans une très longue gorgée, parce qu'elle lui fait toujours cet effet, Farrah. Il lui suffit d'être dans les parages, une présence à la lisière de son champ de vision, pour qu'il ait soif. D'elle et, à défaut, d'oubli. Il aurait besoin de quelque chose de bien plus fort qu'une misérable bière, putain, il aurait besoin d'une rasade de liquide ambré, qui plait tant à ses yeux car il lui rappelle ceux de Farrah – si ça c'est pas pathétique, franchement - mais il est bien trop conscient qu'il a désespérément besoin de la totalité de ses capacités intellectuelles.  Elle l'a toujours rendu idiot, et elle s'en est toujours amusée. S'il pose cette question, bon sang, c'est loin de n'être que sarcasme. Il a besoin d'avoir une réponse, il en a besoin, question de santé mentale. Il doit savoir qu'il n'a pas tout imaginé. Qu'il n'a pas utilisé les quatre misérables, libératrices, dernières années de sa vie à ressasser une histoire qui n'a jamais existé que dans sa tête. Qu'il n'a pas tout inventé, façon Fight Club, je suis le cœur brisé de Jack. Il veut être sûr que, drapé dans sa solitude, dans sa distance, il n'a pas eu suffisamment de temps pour retourner leur bonheur bancal dans son esprit, rejoué par flashs entre ses sourcils froncés, pour l'avoir déformé à l'extrême, pour lui avoir ôté toute véracité. Il a besoin de s'assurer qu'il ne l'a pas rêvé, non, que c'était beau eux deux, c'était vrai, pour une fois dans sa vie, Farrah, elle ne faisait pas semblant. Putain, comme il en a besoin.

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Lun 5 Déc 2016 - 0:00

Elle n'a même pas le temps d'être fière de cette perversité d'esprit, de sa sadique répartie qu'elle se voit déjà obligé de ravaler son sourire. Il y a la phrase de Teddy qui vient s'accrocher à sa peau, corroder sa lugubre détermination. Pour réagir au mépris, aux railleries et aux pires crasses, il n'y a pas de soucis, Farrah est un puit sans fond d'inspiration. Par contre, mettez là en face d'une demande sollicitant l'avis de son myocarde et de son sens des sentiments, et là, c'est une tombe de marbre à laquelle vous vous confrontez, muette et froide. Elle sait pas réagir à ça, Farrah. On lui a pas bien appris les codes et les conventions. Farrah on dirait parfois qu'elle a été amputé d'un organe, privé de l’hémisphère empathique de son cerveau. A croire qu'on a enterré sa capacité d'aimer en même temps qu'avec sa mère. Prenez le corps de la mère, emportez l'âme de la fille au passage. Alors elle reste silencieuse Farrah, détourne le regard pour la première fois de la soirée, lèvres scellées par le poids des soupirs de son coeur lourd. Elle sait pas quoi répondre à la sincérité, ne sait pas quoi répondre à cette brève éclipse de souvenirs qui l'a fauché sur son passage. Est-ce qu'il lui a manqué ? Elle sait pas trop. A vrai dire, elle ne s'est jamais autorisée à y penser. Il l'avait mis face à une évidence qu'elle avait toujours occulté, elle avait refusé de partir, il l'avait quand même fait. Voilà. Pas de larmes, pas de hurlements, pas de claquements de porte. Rien d'autre qu'un froid polaire entre eux, une sécheresse digne des plus arides déserts. Il s'était levé, avait franchi la porte et quitté son champ de vision. Elle avait pas trop réagi Farrah, habitué à l'abandon, habituée à vivre de manière bancale. Parfois il y avait un volontaire pour caler le vide, parfois il n'y avait personne. C'était pas grave. Farrah elle savait combler l'absence d'amour par les corps entre ses bras, savait faire oublier l'absence de mots doux par les gestes enivrés, savait se consoler des départs par l'abandon des sens. Les désirs, les plaisirs, voilà dans quoi elle s'enveloppait la nuit pour s'endormir Farrah. Morphée l'emportait dans une brume de distraction, enfant qui se couchait satisfaite de n'avoir rien à penser. Alors justement que Teddy revienne avec ses gros sabots lui demander de s'ouvrir, lui demander de lui parler comme si quatre ans ne s'étaient pas passés. Comme si rien n'avait changé et que son lit était encore chaud de sa présence. A son tour de s'insurger devant ce manque de bienséance. Elle joue avec son verre Farrah, le regard perdu dans l'océan d'écume. Elle hésite, ne sait pas quel manteau enfiler. Celui de la dictatrice de l'amour qui envoie au goulag du désespoir qui dépasse les barbelés autour du coeur éteint, ou celui de la décontraction ambulante, semant vérité et désarroi sur son chemin. Elle lève les yeux et retrouve les opales fermées de Teddy. Elle se demande ce qu'il attend comme réponse, laquelle il désire le plus. Celle qui nourrira sa haine à son égard ou celle qui entraînera les doutes sans fin dans son esprit. Entre désespoir et folie, il faudrait faire un choix. Pourquoi tu veux savoir Teddy ? La voix a perdu un octave, a perdu de son audace. Elle est presque grave Farrah, grave sur un sujet qui n'en mérite pas une once normalement. N'est-ce pas ? Assurément, elle s'en persuade. T'es pas revenu pour moi de toutes façons, t'es là pour ton père, non ? Peut-être que c'est faiblesse que de renvoyer la balle sans accepter de la garder dans son camp. Peut-être qu'elle cache le manque d'assurance derrière les questions épineuses. Peut-être qu'elle joue. Peut-être qu'elle a perdu la main. Plein de peut-être, aucune sûreté. Mais faut dire, qu'il y a quelque chose qui la titille. Un petit grain dans les rouage qui grince. Et elle réalise qu'en quatre ans, tous les corps qu'elle a effleuré, tous les amants qu'elle a brièvement touché, n'ont jamais partagé ses draps. Il y avait eu personne pour y rester, personne pour s'y assoupir. Il y avait eu que celui de Farrah, là où autrefois il y en avait un autre, le sien. Peut-être que c'est la plus belle preuve de fidélité. Peut-être que c'est la seule dont elle est capable. Mais ça, elle le dira pas. Elle le dira pas parce que c'est une anomalie qu'elle ne maîtrise pas, un élément fugitif de son inconscient. Toi tu ne m'as pas manqué, je ne sais pas qui tu es. Le seul qui aurait pu me manquer est celui d'avant, celui que je connaissais. Mais ça on ne le saura jamais, car il est parti, a laissé refroidir un trop grand lit, et c'est toi qui est revenu. Brusque honnêteté, sincérité amère. Elle n'a pas d'autres réponses à donner pour le moment. Alors elle retourne la question, la téméraire. Et toi, c'est le manque qui t'as rendu méchant, ou la méchanceté qui a entretenu le manque ?

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MessageSujet: Re: he offered her the world, she said she had her own. (farrah)   Lun 5 Déc 2016 - 21:23


Et il y a quelque chose qui change dans l'air entre eux. Peut-être qu'elle ne le sent pas, Farrah, car elle n'a jamais rien voulu sentir. Car elle est engourdie des pieds à la tête, et il est tragiquement bien placé pour le savoir. Mais il y a bien quelque chose de différent. Et lui, l'immolé des sentiments, le sent déferler. Un courant électrique qui crépite entre leurs deux poitrines. Comme un élastique tendu entre eux. Peut-être qu'il a toujours été là, discret, et qu'ils l'ont suffisamment alimenté de leurs venins respectifs pour qu'il en devienne palpable, pour qu'il échauffe la peau de Teddy et lui donne la chair de poule. Car elle pend entre eux, sa question, pesante comme un ultimatum dans l'atmosphère étouffante. Il n'est pas idiot, elle non plus. Ils savent tous les deux que, derrière le cynisme, ça pue la peur. Il est allé l'accrocher tout seul, son épée de Damoclès. Il la sent osciller au dessus de son crâne. Parce qu'il n'y a pas de bonne réponse, putain. Farrah, elle porte son indifférence en étendard, s'en est fait un bouclier – bien sûr que non, elle ne va pas lui dire qu'il lui a manqué, a fortiori pas maintenant, alors qu'elle n'a pas été fichue d'avoir un mot tendre, un mot vrai à l'égard de Teddy, en un an de proximité. Pas une seule fois, pas un seul foutu mot, alors qu'elle, elle lui faisait perdre son latin. A l'inverse, il sait que si elle répond par l'affirmative, confesse la présence d'un palpitant derrière les côtes froides, il ne parviendra pas à la croire. Se plaquera les mains sur les oreilles, car ce ne serait qu'un de ses petits jeux cruels – et ça le tuerait, Teddy, ça le tuerait, d'entendre les mots dont il avait rêvé pendant quatre ans entourés de malice, trempés dans la haine. Et puis même. Même s'il en existait une, de bonne réponse, Farrah n'aurait pas été foutue de la lui donner. Elle a beau se croire imprévisible, Artémis, elle partage les défauts des humains. Il la connaît par cœur, sa boussole déréglée, qui désigne toutes les directions, mais pas le nord. Jamais le nord. Même pas foutue d'y pointer lorsqu'il lui tendit le billet d'avion, aller simple en haut de la carte. "T'es pas revenu pour moi…" Il inspire entre ses dents. Se moule dans le fond de son siège, muscles des bras saillants, gorge figée. Il tient la base de son verre pour contenir ses phalanges, les empêcher de s'arracher les cheveux, ou pire, aller se perdre dans ceux de Farrah. Elle a osé. "Pourquoi tu veux savoir Teddy ?" Et sous la langue, il lui répond : T'es pas stupide, Farrah. Arrête. Arrête avec les faux-semblants. Il a la gorge sèche, brûlante, mais il n'a pas envie de sa bière. Rien d'autre qu'un accessoire conjuré pour justifier sa présence ici. Pour lui permettre d'endosser le rôle du simple client, et non celui de l'amoureux mis de côté, l'amant abattu en vol. Stalker ou admirateur, au final, tout n'est que question de lexique. Et quand elle continue, quand elle s'enfonce dans ses prétextes, dans sa cruauté, dans sa glace, il ne peut pas s'en empêcher. Il bascule la tête en arrière, se pince l'arrête du nez. Pour contenir la fumée, les volutes qui lui bouillent dans les poumons. Tais-toi, tais-toi, tais-toi. "Putain. C'est toujours comme ça que tu me vois, hm ? Après tout ce temps ? Un corps tiède dans ton pieu." Et lui, il voulait toute la chambre. Il voulait un salon. Une cuisine. Un futur. Même éphémère, même bref. Il voulait toute une vie contenue dans quelques années. S'était contenté de quelques miettes d'existence pendant si longtemps. Et il ne lui dit pas, qu'il est devenu qui il est devenu à cause d'elle, grâce à elle, qu'il s'est métamorphosé entre ses mains délicates et son hostilité brutale. Car elle le sait, elle sait tout Farrah, elle le fait glisser entre ses doigts, le fait devenir or ou poussière. Il a les poings serrés sur ses cuisses, ignorant quand il a lâché son verre. Parce qu'il les entend, ces mots, encore et encore, résonnant sous son front, "laissé refroidir un trop grand lit." Et ça le frappe, d'un coup. Elle est seule, dans un bar. Un soir d'hiver. Comme brûlé à blanc, il se lève. Sa main s'abat sur le dossier de la chaise qu'il vient de quitter, qui porte encore son ombre, le serrant si fort qu'il a peur d'entendre le bois craquer. Terrifié, il a déjà un pied dehors. "Tu – t'attends quelqu'un ?" Sa voix s'est perdue quelque part dans sa gorge, refuse de sortir, sonne rauque et douloureuse à ses propres oreilles. Parce qu'il la connaît, Farrah. Il se souvient de chaque centimètre de sa peau, de chaque nuit entrelacés et de chaque matin lascif. Il la connaît. Il sait que son lit n'est pas froid. Et s'il finit par tomber nez à nez avec un blaireau plein d'espoir, au regard langoureux, à l'étroit dans son jean, il est tristement certain qu'il va lui envoyer la chaise dans la mâchoire.  

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